Saltimbanque des lettres et ravi de l'être !


Recent Posts

Maroc, Info & Mindf**k

Maroc, Info & Mindf**k

  Senhaji, franchement ! Il a déconné. S7iyta lèche la colle de sa feuille et poursuit : Un homme aussi connu peut pas se permettre des conneries pareilles ! Entendre par là qu’un anonyme pourrait… Nous sommes quand même une opinion publique très particulière. Il y a 2 […]

Repenser notre politique

Repenser notre politique

Il ne faut pas déplorer la victoire du PJD, il faut déplorer sa victoire annoncée. La seule question qui se posait concernait la taille de leur avance. Et là, bien qu’ils disent le contraire, ils ont perdu. Leur arrivée en tête est une volonté populaire […]

Ould l Maârif : Un dimanche en campagne.

Ould l Maârif : Un dimanche en campagne.

Encore un dimanche de silence, c’est ça le Maârif. Ça pullule de provinciaux et de banlieusards en folie consumériste de lundi à samedi. Que ça drague, que ça planifie une vie ou que ça flâne seulement, ça dépense, tous les jours de la semaine. Et […]

Lettre ouverte d’un Musulman Marocain

Lettre ouverte d’un Musulman Marocain

M. Le Secrétaire Général du PJD -je vous appellerais M. Le Chef du Gouvernement mais c’est un titre que vous reléguez au second plan pour l’instant-, Je suis musulman et bien que vous puissiez penser le contraire, ce sera heureusement à Dieu d’en juger et […]

Ould L Maârif : Hello world

Ould L Maârif : Hello world

Ils marchent, la tête inconsciemment baissée, dans une bulle imaginaire où il n’y a qu’eux et leur partenaire privilégié. Une cigarette, une personne au bout du fil, de la musique, un journal sous l’épaule et les soucis de la vie dans la tête. Ils ont […]

Lalla Aïcha, votre paradis n’est pas le leur !

Lalla Aïcha, votre paradis n’est pas le leur !

Là où les Kabbaj, Nejjar et cie ont fait de la diatribe leur posture permanente, Aïcha Ec-chenna a retroussé ses manches et agi. L’action, le niveau suprême de la piété, est le sien. Elle a donc plus de foi que ses détracteurs, elle est plus croyante. Son paradis est celui des vrais martyrs de Dieu, ceux qui ont donné leur vie non pour convertir leurs pairs mais pour les soutenir

Authenticité OU Modernité ?

Authenticité OU Modernité ?

Nous vivons à l’ère d’une asymétrie presque caricaturale. Selon l’angle de vue qui est porté à notre pays, un Maroc différent apparaît. Sur le papier, c’est très bien. On dira que nous sommes un pays pluriel à la diversité assumée et dont toutes les nuances […]

Le plus beau foutoir du monde

Le plus beau foutoir du monde

Les raisons de notre polarisation montante seraient trop nombreuses pour être énumérées mais le fait est là, notre débat public est tout sauf sain et de là, la divergence est une mèche allumée au milieu d’individualités aux opinions de plus en plus explosives.

BDAD 2 : Albert Camus

BDAD 2 : Albert Camus

Cher Camus, Vous noterez l’absurdité de faire suivre à la chaleur d’un « cher » la distance de votre nom de famille. Mais bon, l’absurde est partout et ce n’est pas à vous qu’on va l’apprendre. Les idées Actuelles semblent vous donner raison. En ces temps où L’Étranger est […]

BDAD 1 : Simone de Beauvoir

BDAD 1 : Simone de Beauvoir

Chère Castor, Vous m’excuserez d’oser vous appeler ainsi. Il m’a toujours paru intrigant que l’une des plus grandes féministes de l’histoire se soit toute sa vie laissé traiter –certes affectueusement- d’animal par un homme. Mais parlons-en plus tard ! Hier, le deuxième sexe a reçu des […]


A lire

Ould L Maârif : Hello world

Ould L Maârif : Hello world

Ils marchent, la tête inconsciemment baissée, dans une bulle imaginaire où il n’y a qu’eux et leur partenaire privilégié. Une cigarette, une personne au bout du fil, de la musique, un journal sous l’épaule et les soucis de la vie dans la tête. Ils ont fait le choix de se donner du dos même quand ils marchent côte à côte. De temps en temps, il y en a deux ou trois mais ça ne fait qu’une plus grande bulle. Dans la ville de l’ouverture par excellence, les gens ont fait le choix de se fermer à l’autre. Leurs amis sont leurs collègues, leurs anciens camarades rescapés dans le meilleur des cas. Ils ne connaissent même pas leurs voisins. Ils ne font plus de rencontre sauf quand elle implique d’une façon ou d’une autre une interaction commerciale ou sexuelle. Rien d’autre ! L’humain a été enterré au milieu de cette muraille urbaine faite de R+8. Lorsque les villas du Maârif ont été démolies pour laisser place à l’enrichissement des spéculateurs, notre humanité a fané. Plus de partage, plus d’hospitalité, la Zakat de Ramadan en est devenue une corvée. Et donc, comme pour tout le reste, ils s’en foutent de ma gueule.
Tant que je ne suis pas sur leur chemin, que leur regard ne croise pas le mien, j’ai l’impression de ne pas exister pour eux. Je ne me sens jamais visé, je le prends comme une bénédiction. Au moins, dans mon cas, c’est l’effet recherché. Quand je vois cette pauvre fille qui passe devant moi, ses jambes couvertes par des bas aussi légers qu’une feuille à rouler, la chair de poule sur sa gorge exagérément exposée et le peu de regards qu’elle en reçoit – enfin, regards valables, s’entend ; elle n’a pas fait 100 mètres qu’elle se retrouve à jouer la muse pour des sifflets malvenus-, je me dis que je m’en sors plutôt bien.
Un homme en costume trendy et qui plus est, a l’air du célibataire idéal, passe sans se soucier de notre inconnue, ni de son trench-coat rouge qui laisse voir sa très courte robe grise. J’en viens penser que de deux choses l’une : soit les hommes de cette ville ont été rendus frigides par cette constante légèreté vestimentaire, soit ils ont été tellement gavés à Youporn que cette option passe avant l’effort de la séduction jugé trop lourd. Il est vrai que pour ce dernier, les investissements en temps, en subtilité et en élégance, joints à l’incertitude de l’entreprise, sont souvent prohibitifs alors que dans l’autre alternative, un bon coup de poignet suffit. Le choix semble vite fait pour la bande de branleurs que sont les mâles de cette ville.
J’en suis à mon deuxième de la journée et je divague déjà. En même temps, lorsque le ciel est gris, on ne trouve d’éclaircie que dans ses propres pensées.
Heureusement, je vois Karim qui arrive. Karim et moi, c’est une longue histoire. Nous sommes nés dans un entresol social casé entre deux étages : Bouzebal et Kilimini. Nous n’étions pas les uns, non plus les autres. Nous étions un peu des deux. On avait la débrouillardise des uns et le confort des autres. Nous étions autant à l’aise sur un trottoir de quartier un pétard à la main qu’au Sky 28 avec une bière à 90 dirhams au lieu d’un joint. Quand nous nous battions, nous jurions en arabe. Quand nous voulions séduire, nous draguions en français. On avait la vulgarité d’un Ali Zaoua et la poésie d’un Racine. Nous étions des caméléons sociaux. A moitié Kilimi, à moitié Bouzebal. Des Bouzkili ou des Kilibouz plutôt, nos parents nous ayant d’abord élevés comme des Kilimini avant que nos aventures adolescentes ne révèlent les Bouzebal en nous. De tous, nous étions les plus faciles à décevoir par le destin. Entre ceux que la vie empêchait de rêver et ceux à qui tout était possible, nous pouvions rêver à des choses que nous n’aurions pas. Nos parents avaient des fins de vies auxquelles penser. Nous devions donc tenir les élans de nos aspirations en laisse. A choisir entre rêver avec mesure et se rendre à l’évidence, le choix le moins douloureux est évident. Pourtant, nous vivions plus que les deux réunis, les virées en boîte de nuit et les sandwichs au snack, la dèche du dimanche et le faste de la veille, les dernières technologies et les bouquins d’école recyclés des grands frères. Karim et moi faisions partie de cette classe que tout le monde méprise, les uns nous trouvent trop riches, les autres trop pauvres. Nous, on est bien où on est. Des frères de classe.
Karim et moi, c’est Laurel et Hardy, Simon & Garfunkel, Baz et Bziz, Thierry Roland et Jean-Michel Larqué, Kechbal et Zeroual. Karim et moi bébés, c’est couche-culotte en commun, laisse-moi téter du sein de ta maman, je te prête celui de la mienne et biberons partagés. Des frères de lait.
Karim et moi enfants, c’est deux morveux turbulents toujours assis à la même table en classe, dans la même équipe en sport et dans la même clique en cour de récré. C’est aussi la petite cicatrice qui orne mon front. Des frères de sang.
Karim et moi ensuite, c’est la découverte des films du samedi soir, les playboys passés sous le manteau, les premières clopes, les premières cuites, les premières putes. Des frères de vice.